Bérangère THABOURIN - La confiance en soi

Etre, faire et avoir

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Fin juin 2002, je me retrouve à déjeuner avec un ami Corse dans une paillotte isolée dont il a le secret. A cet instant, débarque sur leur bateau Lizarazu, Leboeuf et leur petite famille. Cette année-là, la coupe du monde s’est terminée prématurément pour l’équipe de France, alors que les supporters se voyaient déjà revivre la folie du défilé des champs Elysées de 1998. Mon frère m’appelle et je lui annonce à côté de qui je suis. Sa réponse : « Et bien, vu les résultats qu’ils ont eu, ils sont nuls, ils ne doivent pas être fiers ! ».

 

A ce moment-là ma seule préoccupation était que je n’avais plus de batterie sur mon appareil photo pour me faire tirer le portrait à côté de deux « vedettes ». Et d’un coup m’apparaît comme une évidence que, les résultats qu’ils ont eu sont passés aux oubliettes, que l’adulation qu’il y a eu pour ces joueurs suite à leur victoire au mondial c’était transformée en : ils sont nuls. Le plus étonnant c’est que les supporters s’appropriaient vite cette victoire avec des « on est des champions » alors que pour la défaite c’était des : « ils sont nuls ».

 

Ce qu’ils font n’est pas ce qu’ils sont, et pourtant, notre système occidental a tendance dans son modèle d’apprentissage à nous enseigner le contraire. Des mots dits à des enfants : tu es timide, tu es méchant, tu es mauvais, à force de répétition fait de ces qualificatifs une partie de l’identité de l’enfant. Le dire de cette manière : « tu n’arrives pas encore à résoudre ce problème de math, qu’est-ce que tu ne comprends pas ? » « je suis en colère parce que je me sens impuissant et j’ai envie que tu réussisses, comment je peux t’aider ? » n’a pas le même impact.

 

Au faire et à l’être se rajoute l’avoir. Une personne veut avoir de l’argent pour faire quelque chose (avoir de l’argent pour l’argent n’a pas de sens, même Oncle Picsou qui adore nager dans ses dollars en a un) : faire des cadeaux, des voyages, s’acheter une voiture etc. C’est faire quelque chose pour être quelqu’un : être libre, être puissant, généreux, etc. En occident, on possède pour faire, on a, donc on peut faire, donc on peut être.

 

Vous pouvez faire le test en soirée, de demander à des personnes de parler d’elle, elles vous répondront probablement des : je travaille dans telle société, j’ai des enfants, j’habite à tel endroit. Et la question redoutable à poser en séance : « qui êtes-vous », « comment vous définissez vous ? » rupture de pattern assurée ! La pensée Orientale prend le problème dans l’autre sens : ce qui prime est qui vous êtes, votre vie intérieur, vos valeurs, votre spiritualité qui va faire de vous qui vous êtes. Et vous faites, vous avez, en conséquence de ce que vous êtes intérieurement.

 

Et après tout, pourquoi aller vers le « qui je suis », plutôt que « qu’est-ce que je fais pour me définir » ? Je prends un exemple. Christophe fait un travail qu’il définit comme peu gratifiant alors que son rêve était de devenir styliste. Il a passé un concours et a abandonné au premier refus, pris le premier boulot qui venait, dans l’informatique. Il est avec une femme qu’il n’aime plus, et réciproquement. Ils restent ensemble par habitude, c’est leur zone de sécurité.

 

Il est très « pratique » : il est bricoleur, lui a construit une belle piscine, ce qui a été un déchirement de couper les arbres fruitiers dont il adorait prendre soin et contempler, se rend tout le temps disponible pour aller chercher son fils à l’école quand il est malade etc. Il fait beaucoup de choses pour lui construire ce qu’elle désire en oubliant ce qu’il est vraiment, quels sont ses rêves, ses envies, ce qui le fait vibrer au plus profond de son être.

 

Il met ses besoins en sourdines. Son corps le rappel à l’ordre avec de grosses douleurs dans le dos, qu’il étouffe avec du sport à sa pause déjeuner. Il est insomniaque mais tout ça lui semble normal car ça a « toujours été comme ça ». Et pourquoi il n’écoute pas plus qui il est? Et bien probablement dû à son expérience de vie, ses croyances, ses valeurs : il a été abandonné par son père enfant et il veut réparer cela quitte à s’abandonner lui-même ; il se satisfait de cette situation car il a un besoin de sécurité fort, qu’il a la croyance que s’il quitte sa femme elle va se venger en déménageant avec son fils et qu’il va vivre une vie de misère, de petits jobs en petits job pour la suivre, jusqu’au moment où elle se stabilisera ; la peur d’échouer où sa mère a échouée et de la décevoir ; la peur de ne pas être à la hauteur d’être aimé pour qui il est, de ne pas le mériter etc.

 

Il n’y a plus d’amour entre eux, ils se définissent par ce qu’ils font, et préfèrent abandonner qui ils sont plutôt que d’aller vers ce qui les fait vibrer, par peur de perdre. Qui dit qu’en étant eux même ça ne serait pas l’amour fou ou qu’il n’y a pas d’autres scénarii que celui avancé par cet homme ?

 

En séance, les clients ont plus ou moins ce que j’appelle le blabla mental, ils connaissent leur problème par cœur, ils le racontent en restant sur le contenu de ce qu’ils en ont compris. De mon point de vu l’objectif est de les reconnecter à qui ils sont vraiment à cet instant, de les accompagner à transformer leurs croyances limitantes, de laisser derrière eux les choses qui ont eu leur utilité à un moment donné et qui sont devenues obsolètes pour que quand ils regardent en arrière cela soit vu comme des apprentissages et non des freins, ajuster les comportements qui sont liés à des apprentissages du passé avec ce qu’ils sont dans le présent, de reconnaître leurs valeurs comme une force et d’écouter leurs besoins en les élevant dans la pyramide de Maslow, de travailler sur leurs blessures, d’écouter leurs peurs et de traverser cette barrière qui leur paraît infranchissable pour les autoriser à goûter à leurs désirs. A Etre, tout simplement.

 

Et vous, comment vous définissez vous ?

 

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